Actualités

Leurs vies après le Village de François

Familles, jeunes pros, personnes en situation de fragilité, bénévoles, jeunes en service civique… Plusieurs centaines de personnes sont passés par le Village de François, pour quelques jours ou plusieurs années. Elles racontent ce que le Village a changé dans leurs vies.

 

Au fil des annĂ©es, le Village de François est devenu un lieu de passage pour des personnes très diffĂ©rentes. Elles en gardent tous un souvenir marquant : une rencontre, un soutien, un moment… Pour Hesso qui Ă©tait arrivĂ© en fĂ©vrier 2023, c’est le rĂ©confort trouvĂ© auprès des Villageois lorsqu’il a appris le dĂ©cès de son parrain qui l’a marquĂ© : « Un des habitants avait Ă©crit une chanson pour moi, ce qui m’a Ă©normĂ©ment touchĂ©, et les habitants m’ont montrĂ© un grand soutien, c’Ă©tait incroyable ». Il se remĂ©more Ă©galement son travail au sein de La Bonne Ferme, chantier d’insertion dans le maraĂ®chage «  j’ai plantĂ© des radis, ramassĂ© des choux, Ă©tiquetĂ© des bocaux… ça m’a beaucoup plu. J’ai aussi travaillĂ© au poulailler et fait pousser des oliviers sur le rebord de ma fenĂŞtre. En partant, je les ai offerts Ă  un habitant. » Il garde de son sĂ©jour un souvenir « extrĂŞmement positif », pendant une pĂ©riode difficile oĂą il avait « besoin de prendre un temps pour respirer », « J’ai le souvenir qu’on avait organisĂ© des jeux, un concours de pĂ©tanque… Je suis un fan de rugby, on avait installĂ© dans la bibliothèque un Ă©cran gĂ©ant pour suivre la coupe ! » Hortense, elle, a fait un sĂ©jour au sein du Village en colocation mais n’est pas partie bien loin. Elle travaille maintenant pour le Lutin Vert, un des chantiers d’insertion du Village, « ça me permet de rester en relation avec le Village puisque j’ai des salariĂ©s qui y habitent ! »  Elle garde « un souvenir d’entraide, de relations humaines très enrichissantes et de beautĂ©, dans la joie, le lieu en lui-mĂŞme, la rĂ©gion et le soleil. »  

Les relations enrichissantes, c’est Ă©galement ce qui a marquĂ© Yuna et Vincent, une famille qui a vĂ©cu quatre ans au Village. Il se souviennent de l’arrivĂ©e Ă  la suite des moines au sein de l’Abbaye du DĂ©sert et de « l’exaltation de commencer un projet naissant », et de « voir une rĂ©alitĂ© concrète de ce que ça peut ĂŞtre de vivre dans la fraternitĂ©, les uns avec les autres, en fonction de nos fragilitĂ©s ». « On a connu le tout dĂ©but du Village, avec les travaux, les premières colocations… et on quitte un projet bien sur les rails. » Vincent, qui a travaillĂ© Ă  la Bonne Ferme en tant qu’encadrant technique, tĂ©moigne « J’ai aidĂ© Ă  lancer l’activitĂ© de poules pondeuses avec l’Ă©quipe, on voyait des personnes qui venaient travailler et Ă©taient Ă©loignĂ©es de l’emploi. J’ai pu voir des personnes se former et trouver un travail par la suite. » Pour Yuna, ce sont les moments d’Ă©changes avec les autres habitants qui l’ont le plus marquĂ©e : « il y a eu plein de moments les soirs d’Ă©tĂ© oĂą l’on flânait, on discutait. Il y avait un mĂ©lange de familles, de personnes de colocations… Des gens que l’on avait peu de chance de croiser Ă  part au Village de François.» Bien sĂ»r, il y a Ă©galement eu des moments plus difficiles, « c’est une leçon de maturitĂ© car on peut ĂŞtre assez idĂ©alistes et on s’aperçoit qu’il y a parfois des tensions, il faut faire avec les caractères. » mais « le cadre aide Ă©normĂ©ment, cet esprit d’engagement fait que l’on va ĂŞtre particulièrement bienveillants. On a une conscience plus aiguĂ« aux autres. »  Ils habitent maintenant en rĂ©gion Toulousaine et ont gardĂ© « des amitiĂ©s fortes avec certains habitants, on prend rĂ©gulièrement des nouvelles. » 

Paul-Emmanuel a vécu trois ans et demi au Village avec sa femme Lucile. Il se remémore

« le jour oĂą on a dĂ©mĂ©nagĂ© pour venir au Village et qu’au mĂŞme moment des bĂ©nĂ©voles Ă©taient en train de prĂ©parer notre appartement. On se prĂ©parait Ă  accueillir des gens pendant trois ans et nous-mĂŞmes on Ă©tait dĂ©jĂ  accueillis. » Il regarde cette pĂ©riode au Village comme une pĂ©riode pour « grandir personnellement et aussi en couple », « Lucile et moi avons créé des liens fraternels avec certaines personnes. C’est comme de l’amitiĂ© mais c’est encore plus fort, car on s’est connus sur quelque chose de plus profond, autour d’un projet commun.» En riant, il dĂ©clare avoir Ă©galement de très bons souvenirs de « tous les matchs de foot ! » Lucile et lui sont restĂ©s dans la rĂ©gion toulousaine et apprennent « Ă  reprendre un rythme normal »,  mĂŞme s’il s’engagent encore pour le Village : 

« Nous avons fait un tĂ©moignage Ă  la journĂ©e de rentrĂ©e, et nous serons prĂ©sents pour l’Ă©lection du prochain responsable de Village. »

Véronique qui a vécu en colocation, retient 

« l’entraide de voisinage, les amitiĂ©s et l’accueil bienveillant », mais aussi « les rires, les activitĂ©s partagĂ©es, les tisanes et les carrĂ©s de chocolat… » et « les rencontres coeur Ă  coeur qui transforment. »

Carlos, qui faisait face Ă  des problèmes d’addiction avant son arrivĂ©e, garde le souvenir d’une pĂ©riode qui l’a « aidĂ© par rapport Ă  l’alcool » et permis « d’ĂŞtre abstinent pendant plusieurs mois.» Il se souvient «  des bons repas, de la vie en colocation.» Il rĂ©sume : « j’Ă©tais pas tout seul donc c’Ă©tait chouette.» Aujourd’hui maçon, il se souvient de son travail dans les vergers et les rĂ©parations de voitures qu’il avait faites au Village ; « Je me suis senti utile.»

IrĂ©nĂ©e qui est venu en 2021 au lancement du Village, tĂ©moigne « C’Ă©tait très diffĂ©rent d’aujourd’hui ! Ă€ l’Ă©poque il y avait beaucoup de travaux Ă  faire Ă  l’Abbaye. On logeait dans les anciennes cellules des moines et on prenait nos repas dans le rĂ©fectoire. J’ai nouĂ© de belles amitiĂ©s ! », il ajoute : « C’est impressionnant de voir Ă  quel point le projet a grandi ! Ă€ chaque fois que je reviens, je suis marquĂ© par la joie des habitants, ici chacun trouve sa place. » GrĂ©goire, lui, a fait un service civique au Château d’Audaux pendant six mois et a maintenant repris les Ă©tudes. Il plaisante : « ça m’a fait bizarre de quitter le rythme du Village, j’Ă©tais habitĂ© aux repas avec mes colocs, Ă  la vie au château…une vie de roi ! » Il Ă©voque sa vie en colocation : « J’ai créé un lien avec des gens qui avaient parfois le triple de mon âge. On a créé une cohĂ©sion, un esprit d’Ă©quipe tous ensemble alors qu’on Ă©tait tous très diffĂ©rents.» Sa plus grande fiertĂ© ? Le jardin qu’il a entretenu bĂ©nĂ©volement et avec plaisir, Ă©tant passionnĂ© de paysagisme. Il conclut : « Je suis triste d’ĂŞtre parti parce que six mois c’est trop court… on prend vite les habitudes de vie du Village de François ! »

Partager cette page