Après des années marquées par la maladie et de grandes épreuves personnelles, Sandrine a trouvé au Village de François un lieu pour se reconstruire et s’épanouir. Responsable d’une colocation de femmes, elle rayonne aujourd’hui par sa joie de vivre et la force de son témoignage.
Arrivée à l’Abbaye en janvier dernier, Sandrine vit aujourd’hui dans une colocation de femmes, dont elle est la responsable. Chaleureuse et attentive, elle s’est rapidement adaptée à la vie collective du Village.
Ancienne infirmière, Sandrine a traversé des périodes de grande fragilité avant de s’installer au Village de François. Hospitalisée pour une dépression de longue durée, elle a connu des phases de détresse profonde où elle a même envisagé de mettre fin à ses jours et s’est réfugiée dans l’alcool. Un environnement professionnel difficile n’a fait qu’amplifier ce mal-être.
En 2024, c’est le déclic : on diagnostique sa bipolarité. Elle peut enfin mettre des mots sur ce qu’elle vit depuis des années et commencer un vrai chemin de reconstruction. Sandrine peut compter sur l’amour et la présence de sa famille, qui la soutient dans son parcours mais s’inquiète de la voir vivre seule.
Au même moment, ses droits de congé maladie longue durée arrivent à terme, rendant le maintien dans sa grande maison trop difficile à assumer. Sandrine décide alors d’emménager au Village de François – une décision qui appaise profondément ses filles et ses soeurs, heureuses de la savoir entourée au quotidien.
L’Abbaye, Sandrine la connaît bien : son grand-père y était forgeron à l’époque des moines. Un lieu riche en souvenirs familiaux : « Ce sont deux moines qui ont aidé mon père à venir au monde, le Père abbé et le frère Jean ! » Elle confie que l’abbaye « n’a pas beaucoup changé depuis le temps des moines, l’extérieur a été conservé » , ce qui fait remonter en elle de nombreux souvenirs d’enfance, « vivre ici, ça m’a ramenée à mes grands parents, à mes parents. » Des souvenirs empreints de tendresse, notamment celui de son père, disparu trop tôt, « mais maintenant je me suis appropriée le Village, je m’y sens chez moi. »
Et effectivement, Sandrine s’est très bien intégrée au Village, et apporte sa joie de vivre retrouvée aux autres habitants, « je me suis fait des amis ici. Notre colocation donne sur la cour d’honneur et devant, il y a trois ou quatre chaises, c’est le rendez-vous du Village ! Les villageois viennent prendre le café, discuter, je leur parle de mon parcours… j’aime témoigner auprès des jeunes que l’on peut évoluer et que malgré les difficultés, il y a toujours de l’espoir. » Sandrine est animée par le désir d’aider les autres, hérité de son métier d’infirmière, « j’adore le contact, j’ai l’impression de revivre. Je retrouve un peu ce que j’étais. »
Elle propose régulièrement du covoiturage aux personnes du Village qui ne peuvent pas conduire : « ça me permet d’aider à ma manière, de me sentir utile. » Elle s’est également portée volontaire pour mener les visites guidées de l’Abbaye lors des Journées du Patrimoine, partageant l’histoire des lieux mais aussi des anecdotes personnelles sur l’Abbaye.
La vie en colocation représente un apprentissage : « J’étais très soupe au lait avant. Maintenant j’arrive davantage à prendre du recul, attendre et dire les choses plus calmement, ne pas parler sous le coup de l’émotion. »
Sandrine a plusieurs passions, la lecture, les fleurs, les animaux… et le rugby ! Elle aime aussi passer du temps avec ses petites-filles, qui viennent régulièrement lui rendre visite.
« Je les emmène voir les moutons, les fleurs… et on fait beaucoup de bêtises ! » plaisante-t-elle.
Même ses petites-filles ont remarqué un changement depuis qu’elle a été diagnostiquée et entame ce nouveau chapitre : « on est super heureuses d’avoir retrouvé notre mamie ! »
Aujourd’hui Sandrine vit une nouvelle vie au service des autres. Elle est rayonnante et fait la joie des habitants. Merci Sandrine !








