Installé à l’Abbaye du Désert, le Lutin Vert redonne vie aux jouets oubliés tout en ouvrant de nouvelles perspectives à des personnes en parcours d’insertion professionnelle.
Installé près de l’Abbaye du Désert, le chantier d’insertion Lutin Vert redonne vie aux jouets tout en offrant un tremplin professionnel à des personnes en parcours d’insertion.
Une dizaine de salariés sont actuellement employés en CDDI (contrat à durée déterminée d’insertion), à raison de 28 heures par semaine. Les salariés ont des profils mixtes, allant de 25 ans à près de 60 ans, dont des personnes en situation de handicap ou fragilisées psychologiquement.
Louise Boudaud, qui est directrice du Lutin Vert, explique l’enjeu d’accompagnement : « On accueille des personnes qui sortent fragilisées du monde de l’entreprise. Ils ont parfois fait des burnouts, des dépressions… L’enjeu est de redonner du sens au travail. »
Au Lutin Vert, il n’y a pas de poste fixe : chacun tourne sur l’ensemble des tâches de l’atelier, de la collecte à la vente, en fonction de ses capacités.
Les jouets arrivent des entreprises partenaires, de déchetteries locales visitées deux fois par semaine, ou encore de particuliers qui les déposent directement. Une fois sur place, ils sont pesés et soumis à un pré-tri rigoureux. Seuls les jouets conformes à la norme CE et dans un état correct sont conservés. Ceux qui sont en trop mauvais état sont confiés à l’éco-organisme Écomaison, qui sépare les matériaux recyclables du reste. Les jouets retenus sont triés par catégories, vérifiés pièce par pièce et nettoyés jusqu’à retrouver un état quasi neuf. Chaque jouet est photographié avant d’être mis en ligne sur le site internet.
Elie, salarié du Lutin Vert depuis le printemps, raconte : « Travailler ici m’aide à reconstruire mes journées, à avoir un rythme régulier. Le travail est varié, pas trop difficile. Et l’univers des jeux me reconnecte à mon enfant intérieur, je revois des jeux que j’ai eus ou pas, ça me fait plaisir ! » Il réfléchit aujourd’hui à son projet professionnel et a fait des entretiens pour découvrir d’autres métiers.
Jérémy, lui, a quitté le Lutin Vert en avril après six mois de CDDI. Son parcours avait été « en dehors des rails, entre salariat et woofing », avant qu’une maladie ne l’oblige à tout ralentir. Ancien conseiller en insertion professionnelle, il s’est retrouvé de l’autre côté de la table : « Le Lutin Vert mêle réemploi, insertion et la poésie de l’enfance. J’ai toujours eu des métiers intellectuels. Le travail manuel me fait du bien. On prend soin de choses qui pourraient partir à la poubelle, et je vois un lien avec les gens qui travaillent ici : d’être cassés, fragilisés, et de voir tout ce dont on est capables quand on nous laisse une chance ! Le Lutin m’a aidé à reprendre confiance en mon chemin. » Jérémy a aujourd’hui retrouvé un emploi de conseiller en insertion professionnelle.








